Voter ou pas voter?
Une réflexion sur le vote des étrangers aux élections communales du 8 mars 2026.
Les Suisses ont toujours quelque chose à voter. Mon mari est Suisse, et j’ai l’habitude de trouver dans ma boîte aux lettres l’enveloppe de « matériel de vote ». Mais cette fois c’était différent. il y en avait deux, une pour lui et une autre pour moi. Ça m’a fait très bizarre1 !
On me demande de voter aux élections communales2 du 8 mars. Je dois décider qui d’entre mes voisins aura accès3 au compte bancaire du village, et qui pourra aller aux réunions du conseil communal4 pour voter s’il faut planter des arbres ou faire des parkings.
Le problème est qu’il est difficile de voter au niveau communal. J’ai étudié les tracts5 des partis6 où il y a les noms, professions et photos des candidats7 tous bien habillés et souriants. Et j’ai réalisé8 que je ne connaissais personne.
En Espagne, chaque parti aurait présenté ses projets pour le village : terrain de foot, fêtes, films traduits en langue régionale. Mais en Suisse, et surtout dans les villages, on ne vote pas pour les partis, on vote pour les personnes. Il est tout à fait9 possible de prendre une liste d’un parti de droite, biffer10 des candidats et ajouter des candidats de gauche.
D’autre part, seulement les étrangers avec un permis B ou C, qui habitent en Suisse depuis plus de dix ans et dans le canton de Vaud depuis plus que trois, peuvent voter. Et comme nous sommes dans une confédération11, chaque canton met ses propres conditions. Si j’habitais à Neuchâtel ou dans le Jura, je pourrais aussi participer aux votations du canton. Par contre, en Suisse allemande, c’est « nein ». Le suisses allemands ne veulent pas que les étrangers votent. Il ne voulaient pas non plus, laisser les femmes voter. Il a fallu attendre jusqu’à 1971.
Vous saviez que la plupart12 des étrangers qui peuvent voter, décident de ne pas le faire ? Malheureusement, ça donne raison13 à ceux qui sont contre le vote des étrangers. Je pense qu’avoir des droits est une bonne chose. Pas vous ?
Alors il faut que je vote. Au moins dans ma commune il y aura une femme étrangère qui a voté.
Pour la municipalité14, ça va encore, il y a très peu de noms pour un total de 5 sièges. J’ai opté pour l’équipe qui est déjà en place15. Ils ont planté des arbres et refait les places de jeux pour les enfants.
Mais pour le conseil communal, il faut élire 65 candidats. Nous avons 65 votes pour tous ces candidats souriants dont je connais que le nom et la profession.
Dans l’enveloppe de matériel de vote il y a une liste de gauche (PS, POP, verts) et une autre de droite (PLR) mais aucune des deux n’a plus de 20 candidats. Alors il faut ajouter à la main les 45 restants, pour arriver à 65.
Sur la troisième liste, « ni de gauche ni de droite », comme par hasard16, il y a tout juste 65 candidats.
Si je prends cette liste, c’est fait ! Pas besoin d’écrire des noms. C’est tentant17, mais
ni mon mari ni moi avons vu d’un bon œil cette stratégie politique. Alors j’ai pris la quatrième liste, en blanc, et j’y ai inscrit mon propre mélange de candidats. J’ai mis à double les candidats de mon parti (je vous promets que c’est permis18) et ajouté d’autres candidats, surtout des femmes.
Mon mari a choisi des candidats qui font des métiers pratiques, des ingénieurs, un menuisier19 et un expert en assainissement20. Moi aussi j’ai voté pour l’expert des toilettes. C’est un métier qui a gagné en importance21 dans nos vies récemment. Lire l’histoire ici.
Je ne sais pas si les gens que j’ai choisis feront bien les choses. Ni s’ils voteront lors du conseil communal comme je l’aurais fait. J’ai donné mon choix, ma contribution. C’est voter qui est important.
Je vous laisse réfléchir aux sages22 paroles de Jordi, un jeune de 18 ans :
« Oui, je vais voter car il me paraît important de démontrer qu’on veut une démocratie et pas une dictature23 »
Ça m’a fait bizarre. Je me suis sentie étrange. Ça m’a surpris.
Élections communales. Vote organisé dans la commune pour choisir les personnes qui vont diriger le village.
Avoir accès au compte bancaire : pouvoir retirer de l’argent ou payer des factures.
Réunion du conseil communal : réunions où sont votés les projets du village.
Tract : petite feuille de papier de publicité en couleur.
Partis : ici parti politique. Groupes de personnes qui ont les mêmes valeurs.
Candidats : personne qui veut être élue (choisie).
J’ai réalisé : ici : je me suis rendu compte. J’ai compris.
Tout à fait possible: il est possible, même si ça semble bizarre.
Biffer : Dessiner une ligne sur le mot pour les supprimer.
Confédération : pays formé par plusieurs états ou cantons qui décident ensemble pour le pays. Mais chaque canton garde une partie de son autonomie.
La plupart : La majorité.
Donner raison. Dire que quelqu’un a raison, est correct.
Municipalité : les municipaux et le syndic.que. Groupe de personnes qui dirigent la commune. Ils exécutent les décisions du conseil communal.
Déjà en place : l’équipe qui est là. L’équipe actuelle.
Comme par hasard : par coïncidence. Ici : Ironique. Je pense que ce n’est pas un hasard, mais fait exprès.
Tentant : ça donne envie.
C’est permis : c’est ok.
Menuisier : artisan qui fait des meubles en bois.
Assainissement : canalisations d’égouts ( d’eau des toilettes).
Gagner de l’importance : qui est devenu plus important.
Sages paroles : bon conseil.
Dictature : pays où les gens ne peuvent pas voter.


