Du camp de ski aux Jeux Olympiques.
Ma vision de la Suisse aux Jeux Olympiques de Milan-Cortina.
Cette semaine les petits suisses seront en vacances ; ce sont les relâches1 scolaires. Les plus chanceux iront faire du ski avec leurs parents. Probablement dans leur chalet de famille. Sinon, ils devront payer très cher, entre 3’399 francs à Airolo au Tessin et 11’787 à Zermatt en Valais (sans compter le transport et la restauration).
Mais le ski est un sport national. Un vrai Suisse doit toujours avoir un pantalon de ski dans son armoire et être capable de faire la descente entre la télécabine et le chalet à fondue sans se blesser. C’est important pour les relations sociales et aussi pour la survie des stations de ski.
C’est pour cette raison que les écoles organisent et subventionnent2 des « camps3 de ski ». Ainsi tous les enfants auront l’opportunité d’apprendre à skier et peut-être d’aller un jour aux Jeux Olympiques d’hiver.
Pour les Suisses, les Jeux Olympiques d’hiver sont beaucoup plus intéressants que ceux d’été. En ce moment, avec 10 médailles, la Suisse est à la cinquième place du classement4 des Jeux Olympiques. Devant la France, qui a 15 médailles, mais nous avons cinq médailles en or et la France n’en a que quatre. Oui, notre petit pays de 9 millions est fier de gagner plus qu’un grand pays de 69 millions, surtout si ce pays est la France.
La Suisse est le pays qui a le plus de médailles en ski alpin, 4 en or, 2 en argent et 2 en bronze. D’autre part, la Norvège (9) et la Suède (8) sont les pays qui ont le plus de médailles en ski de fond. Regardez le phénomène5 Norvégien Klaebo.
Saviez-vous qu’il n’y avait pas d’épreuve de ski alpin lors des premiers Jeux Olympiques de Chamonix (1924) et de St-Moritz (1928) ?
Les Scandinaves, les Norvégiens et Suédois, n’étaient pas d’accord. Habitués à transpirer6 lors des courses à ski de 20 km ou 30 km, où, en plus, il faut s’allonger7 sur la neige pour tirer avec un fusil sur une cible ; se laisser glisser 3 minutes le long d’une pente n’était pas du sport.
En plus, à l’époque, les athlètes olympiques n’étaient pas payés. Ils n’étaient pas des athlètes professionnels comme aujourd’hui. Les Scandinaves reprochaient8 aux skieurs suisses d’être des professionnels puisqu’ils travaillaient comme moniteurs de ski à St-Moritz. Le ski alpin était une activité commerciale, une diversion touristique et pas un vrai sport.
Le ski alpin a finalement été introduit dans les Jeux de 1936 en Allemagne.
Parmi les 5 médailles d’or, la seule médaille féminine a été décrochée9 par Mathilde Gremaud en ski acrobatique. Les autres quatre médailles d’or sont en ski alpin, et trois ont été décrochées par la même personne : Franjo Von Allmen, un bernois de 24 ans qui est un phénomène du ski alpin.
Je vous mets la vidéo de la descente de la piste de 3442 m avec un dénivelé de 1023 et une pente maximale de 63% qu’il a faite en 1 min 51s.
Pensez au moment où vous entrez dans l’autoroute en accélérant jusqu’à 120 km/h et que vous fermez la fenêtre, parce que le vent « vous gêne ». Imaginez qu’il n’y a pas de voiture et que vous êtes debout sur des skis. Von Allmen est allé encore plus vite ! Il est arrivé à 147 km/h !
Je dois admettre10 que le ski me fait peur. Je préfère regarder le patinage artistique.
Mais en ce qui concerne les patins, les Suisses préfèrent de loin le hockey. Les guerriers plutôt que les artistes. La Suisse a sa propre ligue nationale (NL), avec 14 équipes de hockey professionnel, dont le Lausanne HC et le Genève-Servette HC (champions en 2023).
Ainsi j’ai été obligée11 de regarder le patinage artistique avec les français, sur TF1, parce que la RTS retransmettait le match de hockey Suisse-République Tchèque. Ils ont interrompu le match, juste 5 minutes, pour montrer le patineur suisse Lukas Britschgi. De toute façon il n’y avait pas d’opportunité de médaille. Il a commencé 19ème et a ensuite avancé pour finir 14ème.
Pour le hockey c’est très différent. L’équipe masculine de hockey a été deuxième au championnat du monde en 2025. Il y a des vraies chances de médailles, surtout pour l’équipe féminine de hockey qui jouera pour le bronze le 19 février.
Alors Allez la Suisse !
Mais comme la plupart des joueurs sont du « Zurcher Schlittschuh Club Lions » criez en suisse-allemand :
Hopp Schwiiz !
Les relâches : semaine où on « lâche », on ne vas pas à l’école. Lâcher= laisser tomber/ne plus tenir un objet.
Subventionnent : l’État donne de l’argent pour aider ceux qui ont peu d’argent.
Camp : ici : vacances d’enfants en groupe, sans les parents. Les enfants dorment dans des dortoirs (chambres avec plusieurs lits).
Classement : ici : liste avec un ordre (les pays du premier au dernier)
Phénomène : ici : personne remarquable/ exceptionnel/ très, très bon.
Transpirer : on transpire quand on fait du sport ou quand on a chaud (au sauna)
S’allonger : se mettre en position couchée.
Reprocher : dire qu’on n’est pas content de quelque chose.
Décrocher une médaille : ici : gagner une médaille. Je décroche (je prends) ma veste du portemanteau où elle est accrochée.
Je dois admettre : reconnaître que quelque chose est vrai. Ici : J’ai honte parce que j’aimerais être plus courageuse et ne pas avoir peur du ski.
J’ai été obligé : je n’avais pas le choix/ je devais le faire. C’était la seule option.


